dimanche, janvier 10, 2010

Braquo


Créateur: Olivier Marchal

Distribution:
Jean-Hughes Anglade: Eddy Caplan
Nicolas Duchauvelle: Théo Vachewski

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Fiches: IMDB, Allociné
La descente aux enfers de 4 flics du SDPJ 92 (comprendre Service Départemental de Police Judiciaire des Hauts-de-Seine), qui en cherchant à laver l’honneur d’un de leur collègue vont franchir la ligne. Drogues, braquages, tortures, meurtres, tout y passe.

La nouvelle série d’Olivier Marchall (ancien flic et réalisateur de 36 Quai des Orfèvres et MR73) tape là où ça fait mal. On est bien loin de l’univers de Navarro ou du juge est une femme. Il a voulu présenter la police nationale sous un regard plus « humain » (comprendre « qui combat le mal par la mal »). La brigarde d’élite dont sont membres nos 4 protagonistes est paradoxalement la plus pourrie. Olivier joue constamment avec l’éthique entre légalité et honneur.

A la réalisation le fils de Pierre Schoendoerffer, Frédéric nous offre une mise en scène relevée et sans temps mort avec beaucoup de talent. Tout cela supporté par une belle photo, un soir de grisaille vers 5h en hiver. Le scénario est comme à son habitude avec Marchal, haletant. Petit point sombre du coté des acteurs : le jeu de certains acteurs laisse à désirer comme celui de Denis Sylvain par exemple.

Si on passe outre le problème de crédibilité – je veux bien que Marchal sorte des sentiers battus, mais là je trouve qu’il tombe dans l’excès inverse – la première saison est prometteuse, si vous arrivez à vous accrocher, malgré une fin racoleuse. Suite saison 2…

jeudi, janvier 07, 2010

Le Dernier Roi d'Ecosse


Réalisateur: Kevin Macdonald

Distribution:
Forest Whitaker: Idi Amin
James McAvoy: Dr. Nicholas Garrigan
Gillian Anderson: Sarah Merrit

Date de sortie en salle: 14 février 2007
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Fiches: IMDB, Allociné
L’histoire d’un dictateur africain Idi Amin, vue par son médecin personnel, le Dr Garrigan.

Un dicton m’est venu à l’esprit lorsque j’ai regardé ce film : « Le chemin vers l’enfer est pavé de bonnes intentions ». Et c’est ainsi que le Dr Garrigan va faire les frais de son ambition en devenant le medecin personnel du dictateur. Manipulé par ce dernier, qui est extrêmement charismatique, le film va progressivement dérouler l’enthousiasme, le culot, puis le doute, la peur et finalement la trahison du jeune médecin.

Le génie de Macdonald (lire la critique de State of Play, son dernier film) réside dans la mise en perspective de l’histoire au travers des yeux des différents protagonistes. Sous l’angle du Dr. Garrigan, le spectateur est trompé par Idi Amin et l’histoire se déroule sans prendre vraiment conscience de la dérive. Ce n’est que la perspective immuable de Sarah Merrit, infirmière dans une mission, dévoilée au début et à la fin du film qui fait prendre conscience à Garrigan (et donc au spectateur) de la dégradation de la situation. La tension devient alors insoutenable jusqu’au générique.

Le jeu d’acteur de Forrest Whitaker dans le rôle du dictateur est particulièrement impressionnant (dans l’absolu, car du point de vue de l’acteur, ça fait maintenant un moment qu’il nous a habitué à ce niveau). Devant un tel rôle taillé sur mesure, il a sans surprise reçu l’oscar du meilleur acteur en 2007. James McAvoy est par contre assez insipide et je ne parviens pas à me détacher de l’image du jeune premier un peu looser qu’il peut parfois donner. Rien à redire donc dans sa performance. Quant à Gillian Anderson – ayant placé de grands espoirs en tant que fan de X-files - elle a un petit rôle assez insignifiant au final.

Outre l’histoire et le jeu d’acteur, il y règne une ambiance incroyable, et on sentirait presque les odeurs de l’Afrique des années 70, tellement l’image est belle et réaliste. C’est vraiment un film magnifique qui allie toutes les qualités et en plus, tout en restant sans prétentions. Un beau petit chef d’œuvre !

mardi, janvier 05, 2010

1984


Auteur: George Orwell

Editeur: Penguin Books

286 pages

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Dans une Angleterre totalitaire et dystopique de 1984, Winston Smith, un membre du parti va se rebeller contre le système et contre Big Brother, causant inéluctablement sa perte.

Je ne me souvenais plus que ce livre fût aussi époustouflant. La description de cette société totalitaire, l’Angsoc, le questionnement intérieur de Smith sur ses doutes, sa conduite, en font clairement un ouvrage de premier plan. Ça commence par l’évolution de sa pensée, passant du statut de résistant passif, de la rencontre avec Julia, la découverte d’un monde meilleur et la non-acceptation le poussant dans une volonté active de changer le système, sorte de fuite en avant pour prolonger et justifier sont bonheur éphémère. Toute la deuxième partie sur son enfermement et sa torture sont incroyablement bien (d)écrits : La perte de la notion du temps, le basculement dans la folie, l’acceptation de fausses vérités (2+2=5) pourvu qu’elles viennent du parti.

Tout ceci fait de 1984 un roman d’anticipation de premier plan. Il est à la SF ce que le Seigneur des Anneaux est à la Fantasy : une référence qui a redéfini (ou plutôt défini) le genre. Son succès grandissant provient également de la justesse de son propos. Plus le temps passe, plus cette société se rapproche de la réalité et c’est hyper flippant. Il est assez aisé de s’imaginer un régime dans le monde qui prive ses membres de leurs libertés les plus fondamentales : la liberté de parole, de pensée ou de mouvement…

Bref c’est clairement un « must-read » et même si vous l’avez déjà lu, une deuxième lecture vous remettra les choses en perspectives et vous donnera une vision du monde politique d’aujourd’hui bien différente de celle qu'on veut bien vous donner.

samedi, janvier 02, 2010

Transformers 2

Réalisateur: Michael Bay

Distribution:
Shia LaBeouf: Sam Witwicky
Megan Fox: Mikaela Banes

Date de sortie en salle: 24 juin 2009
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Fiches: IMDB, Allociné
Le retour des aventures de Sam Witwicky, le pote des Transformers Autobots, en guerre contre les Decepticon qui font leur come-back de la vengeance ultime avec douleur et conviction.

Un petit mot avant de me lancer dans cette critique de haut vol, il va quand même falloir que je justifie le fait que j’ai passé 2 heures devant ce film (dieu merci je l’ai loué, car j’aurais préféré me tirer une balle dans le pied plutôt que d’aller le voir au ciné). J’hésite entre post-rationaliser (« vous comprenez, je me suis sacrifié pour le bien de mes lecteurs ») et assumer mon choix pleinement (« Je voulais m’en payer une bonne »). Un peu à mi-chemin entre les 2, je vous livre donc ici mon opinion, rongé par la honte et le déshonneur d’avoir posé mes yeux sur cette daube intersidérale…

Car il faut bien l’avouer c’est une daube intersidérale. Balayons d’un revers de la main les points positifs de ce film qui se comptent sur les doigts d’une main de Maurice Herzog (Citons pêle-mêle la qualité des effets spéciaux – quand même, ils ont claqué un p** de fric là dedans, et le gloss impeccable de Megan Fox qui prend bien soin de garder ses lèvres pulpeuses légèrement entrouvertes en toutes circonstances – c’est surréaliste, à croire qu’elle est en chaleur!), et concentrons nous sur les points négatifs.

En fait, ils sont trop nombreux pour les citer tous, retenons simplement ceci : Les personnages sont pathétiques et les quelques scènes « normales » (genre entre les bastons) sont tout juste adaptées pour adolescents de sexe masculin pré-pubères à qui on aurait confisqué les pages lingeries du catalogue de la redoute. Difficile de faire pire pour le scénario à vrai dire. Pour ceux qui ont eu le courage d’avoir vu ce film jusqu’au bout, n’avez-vous pas ressenti cette honte pour les acteurs qui ont accepté de jouer dans cette bouse ? Les carrières respectives de Shia Labeouf et Megan Fox ayant bien entendu passé le point de non-retour, je pense en particulier à John Turturro qui m’a quand même bien déçu ici.

Un point à noter en particulier : il faut savoir que ce film fait l’objet d’un nombre impressionnant de 7(WTF ?!) nominations aux Razzies Awards (Pire Film, Pire Actrice – joli doublé pour Megan avec Jennifer’s Body, Pire Couple, Pire Actrice de Second Rôle pour Julie White – c’est qui celle-la ?, Pire Suite, Pire Réalisateur – Michael Bay est tombé bien bas, et Pire Scénario). Tous les espoirs sont permis, la consécration reste possible…

jeudi, décembre 31, 2009

I, Robot


Réalisateur: Alex Proyas

Distribution:
Will Smith: Del Spooner
Bridget Moynahan: Susan Calvin

Date de sortie en salle: 28 juillet 2004
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Fiches: IMDB, Allociné
Un flic technophobe enquête sur un meurtre qu’il pense avoir été commis par un robot malgré les 3 lois de la robotique. Grâce à son acharnement, il va finir par mettre à jour une conspiration visant à asservir l’humanité.

Tiré de l’univers des robots du célèbre auteur de Science Fiction Isaac Asimov, ce film reprend l’intrigue de plusieurs nouvelles et ravira les fans de l’auteur à plusieurs égards. D’une part parce que le scénario reprend le concept d’énigme policière propre à Asimov (le petit détail auquel personne ne pense…) et d’autre part parce que c’est Alex Proyas qui s’est collé à la réalisation, et nous offre un univers futuriste crédible assez sombre (il a quand même réalisé Dark City) assez similaire à Minority Report.

Le revers de la médaille, c’est que c’est un blockbuster de l’été bourré de clichés et d’effets spéciaux auto-justifiés. Prenons par exemple le cliché du flic qui est victime d’une conspiration et qui a raison seul contre tous. (exercice : citez 3 films avec le même cliché). Rien de bien surprenant pour un film de science fiction mais on est quand même bien loin de l’époustouflant Dark City (par exemple). Will Smith, au sommet de sa carrière y est également exaspérant, à courir et brailler dans tous les sens. On aurait pu éviter là, il est carrément décalé par rapport à son personnage. Imputable à son jeu d’acteur? Il ne se débrouille pourtant pas si mal d’habitude.

Au final, rien à redire réellement, si on ne s’attend pas au chef d’œuvre de l’année. C’est plutôt l’un des bons blockbusters de 2004 et clairement un bon divertissement. Vous ne manquerez pas grand-chose si vous ne le regardez pas cependant…

lundi, décembre 28, 2009

I... Comme Icare


Réalisateur: Henri Verneuil

Distribution:
Yves Montand: Procureur Volnay

Date de sortie en salle: 19 décembre 1979

Fiches: IMDB, Allociné
Le procureur Volnay remet en question les conclusions du rapport de la commission Heidegger sur l’assassinat du président Jarry et relance sa propre enquête.

Clairement calqué sur l’assassinat de JFK et l’enquête du procureur Jim Garrisson, Henri Verneuil nous livre un film policier au rythme enlevé entrecoupé de scènes cultes (la fameuse expérience du Professeur Milgram sur l’autorité) et reglé comme du papier à musique. C’est absolument fabuleux : il se passe 2 heures de tensions incroyables mais au final on n’apprendra rien sur les véritables raisons de l’assassinat. La forme de l’enquête prime ici sur le fond. On pardonnera de fait quelques invraisemblances scénaristiques pour les besoins de l’intrigue.

Yves Montand crève l’écran dans ce rôle taillé sur mesure et porté par la magnifique musique de Ennio Morricone. Les décors sont oppressants, tout se passe dans des tours (filmé tantôt à la Défense, tantôt à Cergy), ce qui renforce le caractère anonyme des auteurs du meurtre et surtout la futilité de l’enquête de Volnay. Rien ne viendra alléger ce sentiment de mal-être qui s’installe au début et la fin reste bien entendu le parangon du policier tragique, faisant Volnay l’incarnation parfaite du héros grec Icare ayant voulu défier les dieux avec la suite que vous connaissez.

C’est bien dommage que ce film ne soit jamais sorti en DVD en France (il existe une version canadienne en zone 1 je crois), car il s’agit là d’un véritable chef d’œuvre du film policier comme on en fait plus. Espérons que les distributeurs auront plus de pitié pour les fanatiques et sortiront un Blu-Ray…

dimanche, décembre 27, 2009

The Fourth Bear


Auteur: Jasper Fforde

Editeur: Hodder

Livre en anglais, 400 pages
2e volume de la série Nursery Crime Division

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Le retour des investigations policières de Jack Spratt et de Mary Mary après The Big Over Easy.

Tout ce qui a été dit ici s’applique également à cet ouvrage.

Les recettes sont les mêmes que le précédent ouvrage de la Nursery Crime Division. Spratt est limogé une fois par roman (en fait ce n’est même pas lui qui mène l’enquête principale), les scènes loufoques se succèdent à un rythme effrénée : entre le concours de la plus grosse citrouille, l’assassinat de Boucle d’or par les 3 ours (présumés innocents), Dorian Gray en vendeur de voitures éternellement jeunes (les voitures pas le vendeur) ou encore le Gingerbreadman dépeint en tueur en série psychopathe. Le lecteur n’est clairement pas en reste.

Les références littéraires restent légion et sont difficiles a suivre pour un non-anglais, mais on passe quand même un bon moment à se bidonner de rire devant les situations surréalistes (la scène du « Date » entre Mary et l’extra-terrestre est juste lunaire !)

Un must-read pour les fans du genre. Un très bon Fforde.